(Rome, 21 mars 2026). Plusieurs incursions de drones non autorisés au-dessus de bases militaires stratégiques américaines, dont Fort McNair et Barksdale, suscitent une vive inquiétude à Washington. Selon des documents confidentiels, ces appareils, aux capacités avancées, pourraient avoir testé les dispositifs de sécurité, faisant planer un risque sérieux pour la sécurité nationale
L’apparition de drones au-dessus de la base où résident Marco Rubio et Pete Hegseth pourrait ne pas être un incident isolé. Selon ABC, citant un document classifié, au début du mois de mars, un essaim de drones a pénétré l’espace aérien de l’une des bases aériennes les plus importantes et stratégiques de l’US Air Force. Cet événement s’est avéré plus important et potentiellement plus dangereux qu’initialement rapporté.
Hier, selon l’agence italienne «AGI», citant le Washington Post, des drones non identifiés ont été repérés au-dessus de «Fort McNair», la base militaire située dans l’État de Washington où résident le secrétaire d’État et le secrétaire à la Défense des États-Unis. «Fort McNair» est situé près du Capitole et de la Maison Blanche et abrite la «National Defense University» ainsi que de hauts responsables du Pentagone.
Des précédents à Barksdale
Bien avant cela, toujours selon ABC, la base aérienne de Barksdale, en Louisiane, avait été placée en alerte suite au «signalement d’un drone survolant la base». Cet incident, qui remonte au 9 mars, avait suscité de vives inquiétudes car Barksdale abrite des bombardiers stratégiques B-52 et joue un rôle crucial dans le commandement et le contrôle des capacités de défense nucléaire de l’US Air Force.
Vols non autorisés prolongés
L’alerte a été levée le jour même, mais les vols de drones non autorisés se sont poursuivis pendant près d’une semaine. «La base aérienne de Barksdale a détecté plusieurs drones non autorisés volant dans son espace aérien au cours de la semaine du 9 mars», a déclaré à ABC le capitaine Hunter Rininger, du 2e escadron de bombardement. Selon un document confidentiel daté du 15 mars, les drones sont arrivés par vagues successives et sont entrés et sortis de l’espace de la base d’une manière pouvant suggérer des tentatives d’«éviter toute localisation». Toutefois, le fait qu’ils aient gardé leurs feux allumés laisse penser que leurs opérateurs cherchaient à «tester les réponses de sécurité» de l’installation.
Caractéristiques inhabituelles des drones
«Entre le 9 et le 15 mars 2026, les forces de sécurité de la base aérienne de Barksdale ont observé plusieurs vagues de 12 à 15 drones survolant des zones sensibles de l’installation, notamment la piste. Ces engins présentaient des caractéristiques non commerciales, un contrôle à longue distance et une résistance aux interférences», indique le document. «Après avoir atteint différents points de la base, les drones se sont dispersés dans des zones sensibles». Selon le document, aucune activité de drones n’a été signalée les 13 et 14 mars, et il n’est pas établi si ces opérations ont repris par la suite. Les vols duraient environ quatre heures par jour, et les drones empruntant des trajectoires variées et effectuant des manœuvres délibérées dans l’espace aérien restreint. Le rapport souligne également que ces drones ne correspondent pas aux modèles disponibles sur le marché civil. Ils semblent avoir été conçus sur mesure et nécessitaient des «compétences avancées» pour leur mise en œuvre.
Une menace pour la sécurité nationale
Les analystes sont convaincus que ces incursions de drones non autorisés pourraient se poursuivre dans et autour de la base aérienne de Barksdale. Ils mettent en garde contre une «menace significative pour la sécurité publique et la sécurité nationale». Ces activités pouvant entraîner «la fermeture des pistes et mettent en danger les aéronefs déjà en vol dans la zone».
«Au-delà de l’incident susmentionné, ces survols posent la question d’une menace durable et évolutive, susceptible de compromettre des infrastructures critiques, des opérations militaires et, à terme, l’équilibre même de la dissuasion», estime un expert militaire (Ret.) italien. Pour les autorités américaines, l’enjeu est désormais clair : combler rapidement ces vulnérabilités avant qu’elles ne soient exploitées à des fins hostiles.
Une vulnérabilité préoccupante pour la sécurité des bases américaines
Ces incursions répétées de drones au-dessus d’installations militaires parmi les plus sensibles des États-Unis mettent en lumière une faille majeure dans la protection de l’espace aérien stratégique. La capacité de ces appareils à opérer en essaim, à éviter la détection et à pénétrer des zones hautement sécurisées suggère non seulement un haut niveau de sophistication, mais aussi une possible volonté de tester, voire de contourner, les défenses des Etats-Unis.