(Rome, 08 mars 2026). Alors que les tensions s’intensifient au Moyen-Orient, des explosions ont été signalées à Téhéran au moment même où l’Iran s’apprête à annoncer un successeur à la tête du régime. De son côté, le président américain Donald Trump affirme que le future Guide suprême ne pourra se maintenir sans l’aval des États-Unis, tout en laissant ouverte l’éventualité d’une intervention militaire pour contrôler le programme nucléaire iranien
Les hostilités se poursuivent au Moyen-Orient. Simultanément à une vague de tirs de missiles iraniens visant Israël, des explosions ont été entendues à Téhéran, selon l’agence iranienne Mehr. Le jour même où le régime des ayatollahs a décidé de nommer un nouveau Guide suprême, le président Donald Trump n’a pas exclu l’envoi de troupes terrestres en Iran, qui pourraient être déployées pour saisir l’uranium enrichi utilisé pour développer des bombes nucléaires. «Tout est sur la table, absolument tout», a réaffirmé le président à ABC News, comme le rapporte Tommaso Manni dans le quotidien «Il Tempo».
La journée avait commencé par l’annonce du représentant du Guide suprême dans la province du Khorāsān-e Razavi, l’ayatollah Sayyed Ahmad Alam al-Houda, qui avait déclaré qu’un nouveau Guide suprême iranien avait été désigné. Il revient désormais au chef du secrétariat de l’Assemblée des experts, l’ayatollah Hosseini Bouchehri, d’annoncer publiquement le nom du successeur d’Ali Khamenei. Le nom de son fils, Mojtaba Khamenei, avait été évoqué, mais la possibilité qu’il soit gravement blessé ou tué change la donne.
Quoi qu’il en soit, quel que soit le candidat choisi, «il devra obtenir notre approbation. S’il ne l’obtient pas, son mandat ne durera pas longtemps. Nous voulons nous assurer de ne pas devoir revenir tous les dix ans, alors qu’aucun président, comme moi, ne s’en dispensera», a ajouté Trump. «Je ne veux pas que l’on ait à revivre la même chose, ou pire encore, à se retrouver avec l’arme nucléaire», a conclu le président américain.
«Ce sont un tigre de papier, ils ne l’étaient pas il y a une semaine. Et ils auraient attaqué», a réaffirmé Trump au neuvième jour des attaques américaines et israéliennes contre l’Iran, soutenant que «leur plan était d’attaquer tout le Moyen-Orient ; ils voulaient s’emparer de tout le Moyen-Orient».
Le Moyen-Orient, une poudrière sous tension
La situation au Moyen-Orient reste extrêmement fragile, exacerbée par le régime des Mollah en Iran et la mobilisation de ses alliés régionaux, notamment le Hezbollah. Les frappes, les tirs de missiles et les opérations militaires ont ravivé les anciennes lignes de conflit entre le Liban et Israël, déclenchant un exode massif de populations civiles fuyant les zones à risque. Cette fuite inquiète particulièrement les experts qui redoutent que de nouveaux foyers de tensions, semblables à la «banlieue sud de Beyrouth», ne se créent ailleurs, dans des secteurs souverainistes et politiquement sensibles.
Une région au bord du chaos : tensions, mandataires et exodes massifs
Au Liban, la lassitude est palpable tant chez le président que chez le chef de l’armée, confrontés à une instabilité croissante et à des pressions internes exercées par le «Parti de Dieu» qui limitent leur capacité d’action. Les analystes soulignent que l’enchevêtrement des intérêts régionaux et des mandataires de l’Iran pourrait prolonger le conflit et compliquer toute tentative de stabilisation. Dans ce contexte, la perspective d’une escalade armée, couplée à une crise humanitaire croissante, souligne à quel point la région demeure à la merci de jeux de pouvoir extérieurs et de dynamiques internes profondément enracinées.
Toujours au Liban, d’autres experts craignent la naissance de nouveaux foyers semblables à la «banlieue sud de Beyrouth» dans divers secteurs géographiques souverainistes. La combinaison d’intérêts régionaux, de conflits locaux et de pressions externes laisse entrevoir un Moyen-Orient où la paix reste plus fragile que jamais.