(Rome, 04 mars 2026). Mojtaba Khamenei, fils du Guide suprême Ali Khamenei, a été choisi nouveau leader de l’Iran par l’Assemblée des Experts, confirmant les prédictions des Gardiens de la Révolution. Sa désignation survient dans un contexte de tensions extrêmes avec Israël, qui l’a déjà menacé d’élimination, et alors que le pays fait face à des crises internes majeures, économiques et sécuritaires. Israël menace : «Son destin est scellé, il sera une cible à éliminer»
Le président Massoud Pezeshkian avait annoncé l’arrivée prochaine du successeur du Guide suprême Ali Khamenei, victime des bombardements israélo-américains. Et c’est désormais officiel : c’est son fils Mojtaba qui a pris sa place. Après les raids, des rumeurs avaient circulé selon lesquelles lui et son père auraient été tués ou grièvement blessés. Ces rumeurs n’ont cependant jamais été confirmées. L’agence de presse iranienne MEHR a rapporté que Mojtaba était indemne.
Dans la nuit du 3 mars, rapporte Daniela Comirato sur la chaine italienne «TG LA7», l’Assemblée des experts iraniens a élu Mojtaba, fils d’Ali Khamenei, comme nouveau Guide suprême, sur recommandation des Gardiens de la révolution. L’information, initialement relayée par les médias iraniens, a ensuite été confirmée par les médias israéliens. Quoi qu’il en soit, le Mossad a déjà averti, dans un message en farsi, «peu importe qui sera choisi : son sort est déjà scellé, seul le peuple iranien choisira son futur dirigeant». Cette menace a été reprise par le ministre israélien de la Défense, Katz : «Quiconque sera nommé sera une cible à éliminer».
Qui est Mojtaba Hosseini Khamenei ?
Âgé de 56 ans, le deuxième fils d’Ali Khamenei est son fils préféré et figurait donc parmi les favoris pour succéder à son père à la tête de l’Iran. Homme politique et religieux, il a tissé au fil des ans d’excellentes relations avec les forces de sécurité, notamment les Pasdaran. Né à Machhad en septembre 1969, il a combattu pendant la guerre Iran-Irak de 1987 à 1988. En 1999, il a poursuivi ses études à Qom pour devenir religieux, mais il n’a pas encore acquis la compétence religieuse complète. Pour l’heure, son mandat s’annonce toutefois complexe : il devra gérer la guerre, l’opposition interne, la crise économique et le risque permanent d’assassinat.
Mojtaba Hosseini a fait la une des journaux en Iran, critiqué en raison de son goût prononcé pour la richesse. Il posséderait un immense empire immobilier, notamment en Grande-Bretagne et en Suisse. Une enquête récente de Bloomberg a révélé qu’il détiendrait 100 millions de livres sterling rien qu’au Royaume-Uni. Ces acquisitions proviendraient de revenus pétroliers iraniens transférés via des sociétés écrans dans des banques internationales.
Une Carrière politique influente
Mojtaba Hosseini figurait parmi les soutiens d’Ahmadinejad lors des élections présidentielles contestées de 2005 et 2009, et les médias suggèrent qu’il aurait joué un rôle déterminant dans sa victoire en 2009. Il avait été désigné en secret comme successeur de son père, «Iran International» rapportant, il y a environ un an et demi, sa nomination anticipée. Bien que récemment non considéré comme un candidat officiel, Ali Khamenei ayant toujours rejeté une succession dynastique, c’est finalement ce scénario qui s’est concrétisé.
Mojtaba Khamenei est désormais l’homme fort du pays. Il contrôlerait 40 % de l’économie nationale. Les Gardiens de la révolution lui sont fidèles. Avec lui, rien ne pourra changer en Iran.
Continuité en Iran : un choix contestable
En élisant Mojtaba Khamenei, les autorités religieuses iraniennes ont opté pour la continuité plutôt que pour un renouvellement politique, affirme un analiste régional. Cette décision renforce l’emprise du clergé et des Gardiens de la Révolution, mais elle pourrait isoler davantage l’Iran sur la scène internationale et accentuer les tensions internes.
Tensions régionales accrues
Après l’attaque ratée visant la Turquie, la région se retrouve sur un fil. L’Iran semble vouloir provoquer un conflit chiite-sunnite, exacerbant les divisions sectaires au Moyen-Orient et créant un climat de fragilité extrême pour ses voisins et ses alliés.
Le Hezbollah et le risque d’escalade
L’initiative du Hezbollah d’attaquer Israël, en défi des directives officielles et de la résolution onusienne et de la décision du gouvernement libanais, pose la question de la maîtrise réelle de ses alliés par Téhéran. Jusqu’où cette dynamique peut-elle aller ? L’équilibre régional pourrait être mis à rude épreuve, avec le risque d’un conflit élargi à l’ensemble de la zone.