L'actualité du Proche et Moyen-Orient et Afrique du Nord

Moyen-Orient. Les nacelles «chatons en colère» : l’atout discret des États-Unis dans la bataille électronique

(Rome, 23 février 2026). Alors que les négociations nucléaires entre les États-Unis et l’Iran demeurent incertaines, le Pentagone renforce discrètement son dispositif de guerre électronique vers le Moyen-Orient. Le déploiement d’F-16 Fighting Falcon équipés des pods «Angry Kitten», spécialisés dans la suppression des défenses aériennes, suggère une préparation opérationnelle avancée visant à neutraliser les capacités sol-air adverses en amont de toute frappe. Un signal stratégique clair : Washington maintient l’option militaire crédible tout en poursuivant la voie diplomatique, dans un contexte régional marqué par la dissuasion, la démonstration de force et le risque d’escalade contrôlée

Des F-16 équipés de nacelles «Chatons en colère» ont été observés en route vers le Moyen-Orient : tandis que Washington et Téhéran négocient sur les armes nucléaires, le Pentagone déploie progressivement des moyens de guerre électronique.

Une escadrille de F-16 Viper de l’US Air Force, équipée de nacelles spécialisées de guerre électronique, a été repérée en transit vers le Moyen-Orient et, de ce fait, immédiatement interprété comme un indicateur de préparatifs militaires potentiels visant des intérêts iraniens, dans un contexte de négociations délicates entre Washington et Téhéran concernant l’avenir du programme nucléaire et balistique iranien, perçu par les Occidentaux comme un facteur majeur d’instabilité régionale, écrit Davide Bartoccini dans le quotidien italien «Il Giornale».

Ces «super-nacelles», baptisées «Angry Kitten», offriraient une capacité de guerre électronique supplémentaire, susceptible de soutenir toute opération militaire aérienne menée par l’armée de l’air américaine actuellement déployée dans la zone. Elles viendraient compléter les moyens déjà assurés par les Boeing «EA-18G Growler» de la «United States Navy», embarqués sur porte-avions ou basés à terre, ainsi que par les «EA-37B Compass Call». Le système «Angry Kitten» intègre des fonctions avancées de brouillage et de protection électronique destinées à neutraliser ou dégrader les défenses sol-air adverses. En cas de frappe aérienne, il pourrait connaître son premier emploi opérationnel en conditions de combat.

Les avions de chasse transportant cette nacelle facilement reconnaissable sont affectés à des missions dites «Wild Weasels», spécialisés dans la suppression des défenses aériennes ennemies. Leur rôle consiste à ouvrir la voie aux chasseurs-bombardiers en perturbant les capteurs ennemis ou en neutralisant les radars adverses grâce à des missiles antiradars à grande vitesse tels que l’«AGM – 88 HARM», l’un des principaux missiles utilisés par l’aviation américaine lors des missions SEAD/DEAD. Le déploiement d’une escadrille entière de F-16 «Wild Weasels» renforce significativement la panoplie américaine dans l’hypothèse où les négociations diplomatiques n’aboutiraient pas à une désescalade espérée.

L’escadrille de F-16 Viper, chacun équipé de son «Angry Kitten» fixé sous son fuselage ventral, a été aperçue traversant l’Atlantique, escortée par un ravitailleur KC-46 Pegasus, signe d’un déploiement à longue distance planifié.

Ces derniers jours, le président américain Donald Trump aurait indiqué à certains de ses conseillers qu’il était «enclin à mener une première frappe contre l’Iran dans les prochains jours» afin de démontrer aux Iraniens la crédibilité de la posture américaine et de contraindre Téhéran à renoncer à toute ambition nucléaire militaire. Depuis la Maison-Blanche, l’objectif affiché demeure toutefois la recherche d’un accord diplomatique permettant d’endiguer le programme nucléaire et balistique iranien, notamment en limitant l’accès à l’uranium hautement enrichi. Et Trump de déclarer : «Ils auraient tout intérêt à négocier un accord équitable».

Toutefois, les États-Unis continuent d’évaluer l’évolution de la situation interne de la République islamique et les dynamiques de déstabilisation observées ces derniers mois.

En pratique, les «options militaires» proposées par le Pentagone sont déjà sur la table de la Maison Blanche. Elles comprennent sans aucun doute une campagne de guerre électronique à plusieurs niveaux visant à aveugler et désorganiser les capacités de défense aérienne de Téhéran, afin d’ouvrir un corridor sécurisé pour les vagues de frappe principales. Les cibles potentielles pourraient aller, avec ou sans coopération israélienne, d’infrastructures critiques, d’installations militaires ou des objectifs de commandement, comme des cadres supérieurs du Corps des gardiens de la Révolution islamique (CGRI). Dans ce schéma opérationnel, les pilotes de F-16 «Wild Weasel», bien qu’ils ne représentent qu’une fraction du dispositif global de guerre électronique déployé par l’armée américaine, figureraient probablement parmi les premiers à entrer en action, chargés de neutraliser l’architecture ennemie avant toute action majeure.

Une étape décisive : pression maximale, frappe initiale américaine et incertitudes sur les soutiens de Téhéran

À ce stade, disent les experts régionaux, la trajectoire stratégique suggère que le régime des mollahs entre dans une phase de vulnérabilité accrue. Deux issues principales se dessinent : soit une capitulation politique contrainte, matérialisée par un accord nucléaire imposé par les États-Unis et dicté par Donald Trump, soit une neutralisation coercitive de ses leviers militaires par une campagne de frappes ciblées visant à décapiter la chaîne de commandement sécuritaire. Dans les deux cas, l’objectif poursuivi à Washington semble identique : priver Téhéran de toute capacité de nuisance stratégique à court terme.

Le rôle d’Israël

Selon plusieurs indications opérationnelles, Tsahal pourrait intervenir en appui, mais plutôt dans une seconde vague, après une première phase conduite par les moyens américains destinés à aveugler et désorganiser les défenses aériennes iraniennes. Pour plusieurs analystes, cette répartition des rôles laisserait aux forces américaines la responsabilité de l’ouverture du théâtre (guerre électronique, suppression des radars, frappes de pénétration) tandis que les capacités de Tsahal exploiteraient la brèche pour des frappes de précision complémentaires contre des infrastructures critiques ou des cibles de haute valeur.

La posture des alliés du régime des mollahs : la Chine et la Russie

Reste l’inconnue des partenaires extérieurs de la République islamique. Chine et Russie, bien que politiquement opposées à une intervention occidentale, disposent de marges de manœuvre limitées : un soutien direct comporterait un risque d’escalade majeure avec Washington. Leur posture la plus probable relèverait davantage du soutien diplomatique, informationnel ou économique que d’un engagement militaire ouvert.

Un analyste militaire italien affirme que la capacité de riposte indirecte de Téhéran via ses mandataires apparaît affaiblie. Le Hezbollah, pilier traditionnel de la dissuasion asymétrique iranienne au Levant (déjà décapité par Tsahal), aurait vu une partie de ses cadres et de ses infrastructures dégradés par les opérations répétées de l’armée israélienne, réduisant temporairement son aptitude à coordonner une escalade régionale de grande ampleur. Dans cette configuration, toute séquence militaire ne viserait pas nécessairement une guerre longue, mais plutôt une campagne brève, technologiquement dominante et politiquement calibrée, destinée à imposer un nouvel équilibre stratégique par la démonstration de force, ou à contraindre Téhéran à négocier depuis une position de faiblesse structurelle.

Recevez notre newsletter et les alertes de Mena News


À lire sur le même thème