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Davos 2026 : Macron met en garde Trump contre l’usage de droits de douane portant atteinte à la souveraineté territoriale

(Rome, 20 janvier 2026). Réunis à Davos pour l’édition 2026 du Forum économique mondial, les dirigeants mondiaux se retrouvent dans un contexte de fortes tensions géopolitiques. Entre menaces américaines de nouveaux droits de douane, crispations autour de la Groenland, retour assumé des rapports de force et multiplication des conflits, l’Europe tente d’affirmer son autonomie stratégique, tandis qu’Emmanuel Macron dénonce la résurgence d’ambitions impériales et la remise en cause du droit international

Le Forum économique mondial s’est ouvert à Davos, en Suisse, dans un climat de fortes tensions internationales. Le président américain Donald Trump convoite le Groenland et menace d’imposer de nouveaux droits de douane aux pays européens ayant déployé des troupes sur l’île arctique. Le magnat sera présent les 21 et 22 janvier : mercredi avec une «intervention spéciale», et jeudi avec ce que Trump prévoit être la première réunion du nouveau Comité pour la paix à Gaza. La reconstruction de l’enclave, au même titre que celles de l’Ukraine et du Groenland, figure parmi les crises internationales sur lesquelles les dirigeants présents au Forum s’efforceront de résoudre et de renouer le dialogue, comme le rapporte la chaine «Sky Tg24».

Lors de son intervention au Forum, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a affirmé que «l’indépendance européenne est un impératif structurel». «Les droits de douane supplémentaires proposés» par le président Donald Trump «sont une erreur», a-t-elle dénoncé. Puis, l’annonce est tombée : l’UE investira dans l’Arctique.

De son côté, le président français Emmanuel Macron a dénoncé : «Nous atteignons un stade d’instabilité et de déséquilibre, tant sur le plan sécuritaire qu’économique», avec «plus de 50 guerres, même si on me dit que certaines ont été résolues», et «une transition vers un monde sans règles où le droit international est bafoué et où les ambitions impériales refont surface». Quant aux droits de douane américains ? «Ils sont inacceptables», a-t-il affirmé.

Macron : Trump «cherche à affaiblir l’UE avec des droits de douane»

Les États-Unis tentent d’affaiblir l’Union européenne en brandissant la menace de droits de douane qui sont «inacceptables», a encore déclaré le président français lors de son discours au Forum de Davos. Apparu sur scène avec des lunettes de soleil Ray-Ban à verres miroirs en raison d’un problème aux yeux, il a commencé son intervention sur un ton ironique, déclarant : «Nous vivons une époque de paix, de stabilité et de prévisibilité», comme le rapporte l’agence italienne «AGI».

Le monde «glisse vers la loi du plus fort» et entre dans une «période d’instabilité et de déséquilibre, tant sur le plan de la sécurité et de la défense que sur le plan économique», a-t-il martelé, sans épargner son homologue américain, Donald Trump. «Le monde penche vers l’autocratie ; en 2024, on compte plus de soixante guerres, même si, paraît-il, certaines ont été résolues», a ironisé M. Macron, faisant référence à la prétention de Donald Trump d’être un artisan de la paix. Et lorsqu’il a déclaré que «le monde est écrasé par les ambitions impériales de certains pays», le Président Macron a utilisé le mot anglais «trample», un choix qui semble loin d’être fortuit compte tenu de son assonance avec le nom de famille du président américain.

Selon un observateur italien ayant gardé l’anonymat, «le Forum devient aujourd’hui le théâtre d’un monde en recomposition, où la paix se négocie sous pression et où la loyauté entre partenaires n’est plus acquise».

À Davos, le vernis du multilatéralisme peine à masquer la brutalité d’un monde redevenu transactionnel. Tandis que l’Ukraine continue de cristalliser l’affrontement stratégique aux portes de l’Europe et que le Conseil de la paix pour Gaza s’annonce comme un pari diplomatique fragile, l’attitude de Donald Trump rompt avec tous les repères traditionnels de l’alliance transatlantique. Menaces commerciales, chantage sécuritaire et mépris assumé à l’égard du Vieux Continent traduisent une présidence affranchie de tout code de déontologie vis-à-vis de ses partenaires historiques, fragilisant encore davantage un ordre international déjà en voie de désagrégation.

Enfin, Donald Trump se prévaut d’avoir réglé des dizaines de crises depuis son retour à la Maison-Blanche. Mais il reste une réalité incontournable : le conflit le plus meurtrier depuis la Seconde Guerre mondiale demeure sans solution. Cette impasse, aux portes de l’Europe, qui est au centre de son discours de puissance et de paix retrouvée, interroge et nourrit le soupçon d’une «complicité mystérieuse» dans un dossier où l’inaction, volontaire ou non, pèse aussi lourd que les décisions affichées.

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