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Iran : la Maison-Blanche dit «surveiller la situation, toutes les options restent ouvertes»

(Rome, 16 janvier 2026). Alors que Washington affirme suivre de près l’évolution de la crise iranienne, le redéploiement du porte-avions Abraham Lincoln vers le Moyen-Orient et les déclarations martiales des Etats-Unis ravivent les tensions internationales. Entre soutien affiché aux manifestants iraniens, mise en garde de la Chine et de la Russie, et menace implicite d’une option militaire, le dossier iranien s’impose de nouveau au cœur du rapport de forces géopolitique mondial

Le président Trump et son équipe suivent de près l’évolution de la situation : «toutes les options sont envisagées». Lors d’une conférence de presse, la porte-parole de la Maison Blanche, Caroline Leavitt, a expliqué que «le président a appris que 800 exécutions devaient avoir lieu hier en Iran et qu’elles ont été suspendues». Elle a également confirmé que Donald Trump s’était entretenu avec le Premier ministre Benyamin Netanyahu, sans toutefois divulguer le contenu de leur échange, selon l’agence italienne «AGI».

Par ailleurs, «The Hill» rapporte que les images de «Copernicus», une société spécialisée dans les données satellitaires et la surveillance du trafic maritime, le porte-avions USS Abraham Lincoln et son groupe aéronaval ont été observés alors qu’ils faisaient route vers l’ouest, quittant la région indo-pacifique.

Selon une source citée par «NewsNation», le redéploiement du groupe aéronaval, composé d’avions de chasse, de destroyers lance-missiles et d’au moins un sous-marin d’attaque, devrait durer environ une semaine. Le Pentagone a confirmé que ce groupe aéronaval était transféré de la mer de Chine méridionale vers le Moyen-Orient.

La position de l’Iran et les discussions avec les Nations Unies

Par ailleurs, selon l’agence de presse iranienne Tasnim, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, s’est entretenu par téléphone avec le secrétaire général de l’ONU, António Guterres. Lors de cette conversation, Araghchi aurait déclaré à M. Guterres que les récentes manifestations dans le pays avaient débuté par des rassemblements pacifiques de personnes exprimant leur mécontentement face à la situation économique, avant de dégénérer en violences en raison de «l’intervention d’éléments terroristes», une rhétorique fréquemment reprise par les autorités iraniennes. Il a ensuite accusé directement Israël et les États-Unis de soutenir ces «terroristes». Selon le ministère iranien des Affaires étrangères, Guterres a rejeté toute intervention militaire étrangère dans quelque pays que ce soit, soulignant l’importance du respect des droits de l’homme par les gouvernements.

Réunion du Conseil de sécurité de l’ONU et solidarité américaine

À la demande des États-Unis, le Conseil de sécurité des Nations Unies tiendra prochainement une réunion consacrée à la situation en Iran. L’ambassadeur américain auprès de l’ONU a réitéré la solidarité de Washington avec les manifestants iraniens. «Nous sommes solidaires du courageux peuple iranien», a déclaré Michael Waltz devant le Conseil de sécurité.

«Le président américain Donald Trump est un homme d’action, contrairement à ceux qui prononcent des discours interminables comme on le voit aux Nations Unies», a déclaré l’ambassadeur américain devant le Conseil de sécurité. «L’Iran prétend être prêt au dialogue, mais ses actes prouvent le contraire. Ce régime gouverne par la répression, la violence et l’intimidation et déstabilise le Moyen-Orient depuis des décennies. Trop, c’est trop». «Toutes les options sont envisagées pour mettre fin au massacre», a-t-il conclu, ajoutant que «les dirigeants du régime iranien en est pleinement consciente».

Réactions internationales : la Chine et la Russie

La Chine a appelé les États-Unis à ne pas s’ingérer dans la souveraineté iranienne. «L’Iran est un État souverain et indépendant, et ses affaires doivent être décidées en toute indépendance par le peuple iranien», a déclaré l’ambassadeur Fu Cong devant l’ONU. «La Chine», a-t-il ajouté, «soutient la préservation de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Iran et appelle la communauté internationale à soutenir le gouvernement et le peuple iraniens pour surmonter cette période difficile, afin de garantir la sécurité nationale et la stabilité sociale».

La Russie a de son côté accusé les États-Unis d’«alimenter l’hystérie» autour de la crise iranienne. «Depuis fin décembre, le monde entier observe les États-Unis attiser les tensions et nourrir une hystérie autour de l’Iran, en affirmant qu’une aide est en route», a déclaré l’ambassadeur russe Vassili Nebenzia devant le Conseil de sécurité de l’ONU. «Mais surtout, Washington n’a même pas cherché à dissimuler les véritables raisons de son inquiétude quant à la situation politique et menace de frapper l’Iran. Son objectif est de résoudre le problème à son avantage, a-t-il ajouté».

La Russie a ensuite appelé les «têtes brûlées» américaines à renoncer à toute attaque contre l’Iran. «Nous exhortons vivement les dirigeants belliqueux de Washington et d’autres capitales, qui semblent envisager une nouvelle aventure militaire, à revenir à la raison et à éviter que ne se reproduise la tragédie de juin 2025, lorsque l’agression américano-israélienne a failli provoquer une catastrophe nucléaire», a-t-il conclu.

À mesure que les positions se durcissent, la crise iranienne apparaît comme un nouveau test majeur de l’équilibre international. La démonstration de force américaine, les mises en garde de Moscou et de Pékin, et l’instrumentalisation du dossier des droits humains dessinent un scénario à haut risque, où la dissuasion, plus que le dialogue, semble désormais structurer les choix des acteurs. Dans ce contexte, la moindre escalade pourrait transformer une crise intérieure en confrontation régionale, voire globale.

Pour conclure, la crise iranienne glisse désormais vers une zone de danger stratégique. Ainsi, le déploiement militaire américain, combiné à une rhétorique assumée de confrontation, réduit les marges de désescalade.

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