(Rome, 15 janvier 2026). Amnesty International alerte sur une répression d’une violence inédite en Iran, dénonçant des homicides illégaux de masse et appelant la communauté internationale à agir d’urgence. Selon l’organisation, l’impunité persistante des autorités iraniennes alimente une spirale de violences meurtrières contre des manifestants majoritairement pacifiques
Amnesty International dénonce dans un communiqué que «sur la base de vidéos vérifiées et de témoignages crédibles provenant de témoins, des massacres d’une ampleur sans précédent sont en cours en Iran, tandis que la coupure d’Internet imposée par les autorités le 8 janvier pour dissimuler leurs crimes se poursuit». L’organisation de défense des droits humains, comme le rapporte «Il Tempo», souligne également avoir exhorté les États membres des Nations Unies «à reconnaître que l’impunité systémique dont jouissent les forces de sécurité iraniennes pour les crimes commis lors des manifestations actuelles et précédentes a renforcé la conduite criminelle des autorités iraniennes».
Depuis le 28 décembre, écrit Amnesty International, «la répression meurtrière croissante de manifestations majoritairement pacifiques a entraîné des pertes en vies humaines sans précédent : les autorités elles-mêmes ont reconnu un total de plus de 2.000 morts». Selon les éléments de preuve recueillis par Amnesty International, les forces de sécurité, déployées dans les rues et sur les toits de maisons privées, de mosquées et de commissariats, ont ouvert le feu à plusieurs reprises avec des fusils et des pistolets chargés de balles réelles, touchant souvent des manifestants non armés, sans défense, à la tête ou à la poitrine. Les établissements médicaux sont saturés de blessés, tandis que des familles désespérées recherchent leurs proches parmi les sacs mortuaires qui remplissent les morgues ou découvrent des corps entassés les uns sur les autres dans des semi-remorques, des congélateurs ou des entrepôts. Amnesty International a analysé des dizaines de vidéos et de photographies relatives à la répression des manifestations depuis le 8 janvier, réalisées dans dix villes des provinces d’Alborz, de Gilan, de Kermanshah, du Khorasan-e Razavi, du Sistan-et-Baloutchistan et de Téhéran. L’organisation de défense des droits humains indique également avoir consulté un médecin légiste indépendant en lui montrant des vidéos et des photographies de personnes tuées ou blessées.
Les États membres de l’ONU doivent agir immédiatement et de manière coordonnée pour prévenir de nouveaux massacres, notamment en convoquant des réunions et des sessions extraordinaires du Conseil des droits de l’homme et du Conseil de sécurité. Pour envoyer le signal que l’ère de l’impunité doit prendre fin et pour prévenir de nouveaux massacres, les États membres doivent envisager la mise en place de mécanismes de justice internationale permettant d’enquêter et de poursuivre rapidement les responsables de crimes relevant du droit international et de graves violations des droits humains», souligne Amnesty International, selon laquelle il est nécessaire que «le Conseil de sécurité défère à la Cour pénale internationale la situation en Iran». «Cette spirale de violence et d’impunité doit cesser. L’ampleur et la gravité de la répression et des homicides actuels sont sans précédent, même comparées aux graves violations des droits humains et aux crimes de droit international commis par les autorités iraniennes lors des manifestations précédentes», a déclaré Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International.
«Alors que de larges pans de la société iranienne descendaient dans la rue, bravant les balles, le Guide suprême et les forces de sécurité iraniennes ont lancé leur pire répression à ce jour. Ils ont délibérément tué en masse des personnes qui réclamaient un changement fondamental et une transition du système de la République islamique vers une forme de gouvernance respectueuse des droits humains et de la dignité». Et Agnès Callamard d’ajouter : «la communauté internationale doit entreprendre des initiatives diplomatiques urgentes pour protéger les manifestants de nouveaux massacres et mettre fin à l’impunité qui alimente la politique d’Etat des massacres».
Face à ce qui apparaît comme un point de non-retour du régime des enturbannés, de nombreux observateurs estiment que la stratégie de Donald Trump repose sur une pression maximale assumée : isolement diplomatique, sanctions économiques renforcées et refus de toute légitimation politique du pouvoir iranien en place. Selon cette lecture, le président américain parie sur l’épuisement interne du régime plutôt que sur une intervention militaire directe, considérant que toute concession ne ferait que prolonger sa survie. Une approche controversée, critiquée pour ses effets humanitaires, mais que ses partisans jugent cohérente face à un pouvoir accusé de crimes de masse et fermé à toute réforme. Dans ce contexte, l’inaction de la communauté internationale pourrait, selon Amnesty et plusieurs observateurs, «peser lourdement sur l’issue de la crise iranienne et sur la crédibilité du système international de protection des droits humains».
«Face à cette réalité, les appels à la modération ou au dialogue sonnent creux», affirme un expert italien sous anonymat.