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Iran : le retour des exécutions publiques. Les manifestants sous menace

(Rome, 12 janvier 2026). La répression s’intensifie en Iran. Alors que les manifestations contre le régime des ayatollahs se poursuivent, les autorités répondent par des procès expéditifs, des arrestations massives et des exécutions publiques. Le pays oscille désormais entre l’espoir d’un changement historique et la crainte d’un retour à une violence d’État systématique

Condamnés pour apostasie et pendus en public, tel est le sort qui attend de nombreux manifestants arrêtés après les protestations contre les ayatollahs. Le régime de Téhéran organise des procès sommaires et exécute les condamnations à mort sous les yeux de tous, comme le rapporte le quotidien «Il Tempo».

L’Iran se trouve actuellement à l’équilibre entre une transformation historique et radical, et un retour à une répression des plus brutales et sanglantes. La République islamique entame sa troisième semaine de manifestations antigouvernementales d’une extrême violence, qui ont déclenché une riposte meurtrière de la part du régime des ayatollahs. Le nombre de victimes civiles est dramatique et, selon une organisation de défense des droits humains basée aux États-Unis, il s’élève, à ce jour, à au moins 544 personnes tuées.

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«Malgré la violence, la persistance des manifestations révèle aussi une fracture profonde entre le pouvoir et le peuple, dont l’issue pourrait marquer un tournant décisif dans l’histoire du pays», estime un opposant iranien en exil à Rome.

Cependant, ces chiffres ne peuvent être considérés comme définitifs. L’ONG «Iran Human Rights» (IHR), basée en Norvège, a confirmé la mort d’au moins 192 manifestants, prévenant que le bilan réel pourrait être bien plus lourd et dénonçant un «massacre» ainsi qu’un «crime de masse contre le peuple iranien». On estime également que plus de 2.600 manifestants ont été arrêtés.

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À cette escalade répressive s’ajoute désormais la pression internationale. Donald Trump a évoqué la possibilité d’une intervention en soutien aux manifestants, brandissant la menace d’une réponse face aux exactions du régime iranien.

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Si ces déclarations renforcent la visibilité mondiale de la contestation, elles offrent aussi au pouvoir de Téhéran un prétexte supplémentaire pour durcir sa répression au nom de la lutte contre une supposée ingérence étrangère. Entre calcul géopolitique et drame humain, l’Iran se retrouve ainsi au cœur d’un affrontement dont les premières victimes restent, une fois encore, ses propres citoyens.

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