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Iran : à Téhéran, la mosquée d’Abazar saccagée avant d’être incendiée

(Rome, 12 janvier 2026). Une mosquée de Téhéran a été vandalisée puis incendiée dans un contexte de tensions croissantes en Iran, alors que le mouvement de protestation s’intensifie et que la répression des autorités se renforce, selon les médias et organisations de défense des droits humains

Selon les médias iraniens, l’édifice religieux a été incendié le lendemain de la diffusion des images de vidéosurveillance montrant les dégâts, rapporte la chaine «Rai News».

Les images, datées du 8 janvier, montrent l’intérieur de la mosquée Abazar à Téhéran vandalisé par des individus vêtus de noir. On y voit des individus pénétrer dans le lieu de culte et commencer à détruire le mobilier, avant de casser la caméra de surveillance avec une barre, interrompant ainsi l’enregistrement. D’après les médias d’État iraniens, l’édifice religieux a été incendié le lendemain, bien qu’aucun détail officiel n’ait été communiqué sur les responsables ni sur l’ampleur des dégâts.

Cet incendie illustre la dégradation continue du climat sécuritaire et politique en Iran. Alors que les autorités demeurent silencieuses sur les responsabilités, les violences contre des lieux symboliques et la poursuite de la répression renforcent les inquiétudes de la communauté internationale quant à l’évolution de la crise.

Le mouvement de protestation, qui a repris de l’ampleur fin 2025, se propage désormais à travers l’Iran, tandis que la répression du régime devient de plus en plus sévère. Le bilan des victimes est lourd, selon les chiffres fournis par plusieurs organisations de défense des droits humains. L’organisation américaine HRANA affirme avoir vérifié la mort d’environ 490 manifestants et 48 membres des forces de sécurité, ainsi que plus de 10.600 arrestations au cours des premières semaines des troubles. D’autres ONG avancent des chiffres encore plus élevés, tout en soulignant que les vérifications sont entravées par les restrictions imposées par le régime.

Au-delà de l’acte de vandalisme, l’attaque contre la mosquée d’Abazar révèle l’extrême polarisation de la société iranienne et l’effritement des repères symboliques dans un contexte de crise profonde. L’absence de transparence des autorités, conjuguée à une répression toujours plus brutale, alimente un cycle de violence et de défiance qui fragilise davantage la cohésion nationale. Tant que les revendications sociales et politiques resteront étouffées par la force, ces épisodes risquent de se multiplier, éloignant davantage toute perspective de dialogue et de stabilité.

«En l’absence d’enquête crédible et de signaux d’ouverture politique, ces événements renforcent l’image d’un régime replié sur la coercition, au risque d’accentuer davantage son isolement diplomatique», estime un expert italien.

En privilégiant la coercition, l’opacité et la militarisation de la réponse politique, le pouvoir mise sur l’usure de la contestation plutôt que sur la réforme ou le compromis. Cette logique de durcissement, loin de contenir la crise, contribue à l’approfondir, en érodant la légitimité interne du régime et en accentuant les fractures sociales et institutionnelles.

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