(Rome, 11 janvier 2026). Tandis que la répression sanglante s’abat sur les manifestants iraniens, la presse américaine évoque une possible intervention militaire des États-Unis. Entre mobilisation navale, alertes maximales en Israël et signaux envoyés par Donald Trump, le spectre d’un raid contre le régime des ayatollahs se rapproche
Alors que les manifestations de protestation se multiplient et que la répression menée par les ayatollahs s’intensifie, ceux ayant donné l’ordre de tirer sur la foule, divers acteurs internationaux s’activent autour de l’Iran pour tenter de mettre fin au bain de sang perpétré par le régime, écrit Gianfranco D’Anna dans le portail italien «Formiche.net».
Des opérations militaires éclair contre les Gardiens de la révolution et les forces de sécurité iraniennes, qui massacrent des jeunes et des citoyens descendus dans la rue contre le régime : les États-Unis seraient prêts à intervenir en Iran pour soutenir la contestation populaire contre les ayatollahs. Le New York Times, le Washington Post, le Wall Street Journal et d’autres médias américains rapportent que les services de renseignement et le Pentagone ont présenté au président Donald Trump différentes options d’intervention sur le terrain.
Dans l’attente de la décision de la Maison Blanche, les forces aéronavales des Cinquième et Septième flottes américaines déployées dans le golfe Persique, la mer Rouge et la Méditerranée orientale, ainsi que les bases d’Al-Oudeid au Qatar et de Camp Arifjan au Koweït, seraient déjà en état d’alerte maximale. Le déclenchement de l’état d’alerte maximale en Israël aurait également confirmé le début du compte à rebours. Des sources de la sécurité israélienne n’ont pas fourni de détails sur les modalités de cette pré-activation militaire, mais ont indiqué qu’elle avait été ordonnée suite à un appel téléphonique du secrétaire d’État américain Marco Rubio au Premier ministre Benyamin Netanyahu.
«L’Iran aspire à la liberté comme jamais auparavant. Les États-Unis sont prêts à l’aider !», a écrit Trump sur les réseaux sociaux samedi, après que, malgré la coupure d’internet et des smartphones, l’opposition iranienne a réussi à diffuser des vidéos des manifestations en cours à Téhéran et dans d’autres villes, ainsi que des images de la répression féroce et des massacres de manifestants perpétrés par les Pasdaran. «Les forces du régime», a révélé le quotidien britannique The Times, «auraient pénétré dans des hôpitaux pour arrêter des manifestants blessés et ordonner au personnel médical de ne pas les soigner». Un médecin a déclaré que six hôpitaux de la capitale, Téhéran, avaient enregistré au moins 217 décès. Toutefois, ce chiffre n’a pu être vérifié de manière indépendante».
«Le régime a bloqué internet pour dissimuler le massacre», a déclaré Masih Alinejad au Times, une militante de l’opposition basée aux États-Unis, ayant survécu à plusieurs tentatives d’enlèvement et d’assassinat. Des sources iraniennes ont rapporté que «des centaines de manifestants ont été tués par les forces de sécurité», a ajouté Mme Alinejad, lançant un appel à Donald Trump afin d’intervenir pour mettre fin au bain de sang.
En principe, toute intervention des forces spéciales américaines viserait les quartiers généraux et les unités des Gardiens de la révolution, la Force Al-Qods et le VEVAK (service de renseignement des Gardiens de la révolution) ainsi que du ministère du Renseignement et de la Sécurité nationale, mobilisés pour réprimer les manifestations avec l’ordre de tirer sans discernement sur la foule et d’utiliser massivement des gaz lacrymogènes. Des attaques des forces spéciales américaines perturberaient toutefois la répression, permettant aux manifestants de se disperser.
Une éventualité redoutée par les dirigeants du régime, comme en témoigne l’alerte maximale décrétée par le Corps des gardiens de la révolution islamique, sur ordre personnel du Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei. Cette alerte est même plus élevée que celle déclenchée lors de l’attaque subie par Israël en juin dernier. Parmi les missions assignées par les ordres du guide Khamenei figure notamment la surveillance des aéroports. Peut-être pour faciliter son éventuel départ pour Moscou qui, après avoir accueilli les présidents déchus de Syrie, Bachar el-Assad, et du Kirghizistan, Askar Akaïev, deviendrait ainsi la capitale «refugium dittatorum».
Quand le noyau cède, les tentacules suivent
Si le régime iranien vacille aujourd’hui, c’est non seulement sous la pression de la rue, mais aussi parce que son appareil répressif montre ses limites face à une mobilisation populaire persistante et à un isolement international croissant. Une éventuelle intervention ciblée contre ses piliers sécuritaires pourrait accélérer l’effondrement d’un système déjà fragilisé, entraînant dans sa chute l’ensemble de ses réseaux régionaux (du Hezbollah aux milices chiites irakiennes, jusqu’au Yémen et le reste des relais armés en Syrie). «Pour la première fois depuis des décennies, le pouvoir des ayatollahs ne semble plus en mesure de garantir ni sa survie intérieure ni sa projection extérieure», déclare un opposant iranien basé à Paris. Et lorsque le centre cède, les tentacules suivent.