(Rome, 07 janvier 2026). Washington annonce la saisie de deux pétroliers liés à la Russie et au Venezuela pour violations des sanctions internationales. Moscou dénonce un «arraisonnement illégal» en haute mer, tandis que Londres soutient l’opération, présentée comme un effort coordonné contre le contournement des sanctions
Le Commandement européen des États-Unis a annoncé, «en collaboration avec le Département de la Justice et le Département de la Sécurité intérieure, et en coordination avec le Département de la Défense, avoir arraisonné le pétrolier russe M/V Bella 1 (désormais Marinera) pour violation des sanctions américaines». Selon Moscou, il s’agit d’un acte «illégal». Le Commandement Sud des États-Unis a également annoncé la saisie d’un autre pétrolier lié au Venezuela, le M/T Sophia.
«Aujourd’hui, les forces armées britanniques ont fait preuve de compétence et de professionnalisme en contribuant au succès de l’interception menée par les États-Unis du navire Bella 1 (désormais Marinera), à destination de la Russie. Cette opération s’inscrit dans le cadre des efforts internationaux de lutte contre le contournement des sanctions», a déclaré le ministre britannique de la Défense, John Healey, soulignant que le pétrolier battant pavillon russe avait un «passé néfaste» et «faisait partie d’un axe russo-iranien de contournement des sanctions qui alimente le terrorisme, les conflits et la misère du Moyen-Orient à l’Ukraine». Par ailleurs, rapporte la chaine «Sky Tg24», le Commandement Sud des États-Unis a également annoncé la saisie d’un autre pétrolier lié au Venezuela, le M/T Sophia, qui «opérait dans les eaux internationales et se livrait à des activités illicites en mer des Caraïbes».
L’arraisonnement en haute mer du pétrolier russe Marinera (anciennement Bella 1) par les forces américaines constitue une violation de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer de 1982, selon une plainte du ministère russe des Transports, rapportée par l’agence de presse RIA Novosti.
Pour les analystes, il est en effet (pour le moins) paradoxal que Moscou invoque la Convention des Nations unies sur le droit de la mer alors que la Russie est régulièrement accusée par les Occidentaux de violer d’autres piliers du droit international, en premier lieu la Charte de l’ONU avec l’invasion de l’Ukraine.
Les États-Unis disposent d’un plan en trois phases pour le Venezuela post-Maduro, la première étant axée «sur la stabilisation du pays ; nous ne voulons pas qu’il sombre dans le chaos», a déclaré Marco Rubio aux journalistes présents au Congrès après la réunion d’information avec les sénateurs, au cours de laquelle le plan leur a été présenté en détail, a souligné le secrétaire d’État américain.
Pour Washington et ses alliés, l’arraisonnement de ces pétroliers vaut avertissement : l’«Axe du mal» qui s’étend de Moscou à Téhéran, en passant par le Hezbollah, ne bénéficiera plus d’impunité sur les mers, affirme un analyste italien sous anonymat. «Une ligne rouge est tracée contre les réseaux énergétiques clandestins qui alimentent guerres et chaos du Moyen-Orient à l’Europe orientale», ajoute notre source.
En filigrane, les États-Unis entendent envoyer un message clair : cet «Axe du mal», accusé d’exploiter routes maritimes et pétrole pour contourner les sanctions, est désormais dans le viseur direct des puissances occidentales.
L’arraisonnement de pétroliers, tout comme la dénonciation du piratage en profondeur menée par les Russes, apparaît ainsi comme une mise en garde globale adressée au trio Russie–Iran–Hezbollah, désormais perçu non plus comme une menace régionale, mais comme un système coordonné de déstabilisation multidimensionnelle.