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Iran : le chef de l’armée évoque une attaque en réaction aux «propos hostiles»

(Rome, 07 janvier 2026). Le chef de l’armée iranienne a menacé de recourir à une action militaire en réponse à ce qu’il qualifie de «rhétorique hostile» visant la République islamique, dans un contexte de fortes tensions avec les États-Unis et de protestations sociales alimentées par la flambée du coût de la vie

Le général de division Amir Hatami, chef de l’armée iranienne, a menacé de mener une action militaire préventive en réponse aux «propos hostiles» visant la République islamique. Ces propos font probablement référence à l’avertissement du président américain Donald Trump, selon lequel si Téhéran «tue violemment des manifestants pacifiques», les États-Unis «viendront à leur secours». Il s’agit probablement d’une tentative d’affirmer sa force, étant donné que les manifestations, déclenchées par la hausse du coût de la vie, constituent un défi direct pour la théocratie, selon le quotidien «Il Tempo».

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Dans une tentative d’apaiser la colère des manifestants, le gouvernement iranien a commencé aujourd’hui à verser l’équivalent de 7 dollars par mois sur les comptes bancaires des familles à travers le pays pour subventionner l’augmentation du prix des produits alimentaires de première nécessité tels que le riz, la viande et les pâtes. Cependant, les commerçants préviennent que les prix des produits de base comme l’huile de cuisson pourraient tripler en raison de l’effondrement de la livre iranienne, ce qui risque d’attiser davantage la colère populaire.

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«La République islamique considère l’intensification de cette rhétorique contre la nation iranienne comme une menace et ne la laissera pas se poursuivre sans réagir», a déclaré Hatami, cité par l’agence de presse officielle IRNA. Et le général d’ajouter : «Je peux affirmer avec certitude que le niveau de préparation des forces armées iraniennes est aujourd’hui bien supérieur à celui d’avant la guerre. Si l’ennemi commet une erreur, il s’exposera à une riposte plus ferme, et nous couperons la main à tout agresseur».

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Les responsables iraniens, dont le Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, ont réagi aux propos de Trump, qui ont pris une importance accrue après le raid militaire américain du week-end dernier ayant conduit à la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro, allié de longue date de Téhéran. Toutefois, aucun signe public immédiat n’indiquait que l’Iran préparait une attaque dans la région.

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Selon des analystes, en filigrane de cette rhétorique martiale transparaît surtout la crainte des autorités iraniennes. Ébranlé par une contestation sociale persistante et inquiet d’un précédent créé par l’arrestation spectaculaire de l’allié Nicolás Maduro, le régime des mollahs redoute désormais de devenir la prochaine cible de la «hache» américaine. Cette peur semble nourrir une fuite en avant verbale, où la menace adressée aux États-Unis apparaît moins comme un signe de force que comme une tentative de dissuasion face à un sentiment croissant de vulnérabilité.

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