(Rome, 05 janvier 2026). Les déclarations de Donald Trump sur la nécessité pour les États-Unis de contrôler le Groenland ont ravivé les tensions diplomatiques avec le Danemark et provoqué une levée de boucliers en Europe. De Copenhague à Nuuk, en passant par Bruxelles, Paris, Berlin et Londres, les dirigeants rappellent fermement que la souveraineté du territoire arctique n’est pas négociable et que toute remise en cause des frontières est inacceptable.
La Première ministre danoise a rejeté sans ambiguïté toute hypothèse d’acquisition ou d’annexion, déclarant que «le Groenland n’est pas à vendre» et ajoutant que «ce n’est pas ainsi que l’on s’adresse à des alliés»
Ces derniers jours, le Groenland est revenu au centre de l’attention internationale suite aux nouvelles déclarations du président américain Donald Trump, qui ont ravivé un différend diplomatique sans fin. Trump a publiquement réaffirmé que les États-Unis «ont besoin du Groenland pour leur sécurité nationale», expliquant que la situation géographique de l’île dans l’Arctique et son importance stratégique ne sont «pas une option, mais une nécessité» dans un contexte de tensions internationales croissantes, renforçant l’impression que Washington considère l’île comme une priorité stratégique non négociable, écrit Francesca Salvatore dans le quotidien italien «Il Giornale».
Les déclarations de Donald Trump ont suscité une réaction immédiate et cinglante du Royaume du Danemark, dont le Groenland est un territoire autonome. La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a rejeté sans équivoque toute suggestion d’acquisition ou d’annexion, déclarant que «le Groenland n’est pas à vendre» et ajoutant que «ce n’est pas ainsi que l’on parle entre alliés». Mme Frederiksen a également exhorté le président américain à «cesser d’utiliser un langage qui sonne comme une menace», rappelant que la coopération militaire entre Copenhague et Washington «ne remet nullement en cause la souveraineté danoise ni l’autonomie du Groenland».
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Le gouvernement local de Nuuk a adopté une position encore plus ferme. Le Premier ministre groenlandais, Jens-Frederik Nielsen, a qualifié les propos de Trump de «fantasmes d’annexion» et a précisé que «le Groenland appartient aux Groenlandais». Nielsen a souligné que l’île est disposée à coopérer avec les États-Unis et ses partenaires occidentaux, mais uniquement dans le respect du droit international et par la voie diplomatique, précisant que «personne ne peut décider de l’avenir à la place des Groenlandais». Dans un message adressé directement au public, le Premier ministre a ajouté : «Il n’y a aucune raison de se laisser intimider, mais nous ne devons pas non plus sous-estimer le poids des mots».
Les réactions ne se sont pas limitées à l’axe Copenhague-Nuuk. En Europe, l’UE a réaffirmé le principe selon lequel la souveraineté et l’intégrité territoriale doivent être respectées partout, y compris dans l’Arctique, et a réitéré que le Groenland s’inscrit pleinement dans ce cadre. Des sources européennes ont souligné l’importance d’éviter tout précédent dangereux, insistant sur le fait qu’aucun territoire ne peut faire l’objet de pressions ou de revendications unilatérales dans un système international fondé sur des règles.
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Le Groenland est une administration autonome appartenant au Danemark. Les frontières ne peuvent être modifiées par la violence, et les territoires ne peuvent être annexés de force. «Nous nous reconnaissons dans les principes du droit international tels qu’énoncés dans la Charte des Nations Unies», a déclaré Sebastian Hille, porte-parole du chancelier allemand Friedrich Merz, en réponse à une question lors d’une conférence de presse tenue à Berlin concernant les menaces pesant sur le Groenland. La France est «solidaire» du Danemark, a déclaré aujourd’hui le porte-parole du Quai d’Orsay Pascal Confavreux. «Les frontières ne peuvent être modifiées par la force», a souligné M. Confavreux lors d’un entretien accordé à la chaine TF1.
Rappelons que Donald Trump, avant même de retrouver la Maison Blanche en fin 2024, avait déjà évoqué ses vues sur le Groenland, au grand dam du Danemark. Les tensions entre les deux pays ont été relancées par l’annonce fin décembre du président américain, de la nomination d’un envoyé spécial pour ce vaste territoire autonome danois peuplé de 57.000 habitants.
Le Premier ministre britannique Keir Starmer, sur un ton inhabituel, a pour sa part assuré le Danemark du soutien de Londres par une déclaration sans détour : «Je suis de son côté, elle (Frederiksen) a raison concernant l’avenir du Groenland», exhortant les États-Unis à «ne pas s’en mêler».
Pour conclure, face aux déclarations américaines, l’unité affichée par le Danemark, le Groenland et leurs partenaires européens se veut sans équivoque. La souveraineté du territoire arctique, son droit à l’autodétermination et le respect du droit international sont présentés comme des lignes rouges non négociables. Un message clair adressé à Washington : dans l’Arctique, la force et la pression ne peuvent remplacer le dialogue entre alliés.