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Venezuela : opération «Absolute Resolve», les coulisses de la capture de Maduro

(Rome, 03 janvier 2026). Les États-Unis ont annoncé l’arrestation du président vénézuélien Nicolás Maduro et de son épouse à l’issue d’une opération militaire baptisée «Absolute Resolve». Menée depuis une vingtaine de bases et mobilisant plus de 150 avions, l’intervention s’est déroulée dans la nuit, selon les autorités américaines

L’opération est lancée depuis 20 bases avec 150 appareils. Les hélicoptères «envahissent» le Venezuela.
À 22h46, heure de la côte Est des Etats-Unis (04h46 en France), le président américain Donald Trump donne l’ordre : «Bonne chance et que Dieu vous accompagne». Ainsi débute l’Opération «Absolute Resolve», qui aboutit à la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro et de son épouse, Cilia Flores. Les détails sont fournis par le chef d’état-major des armées américaines, le général Dan Caine, lors d’une conférence de presse conjointe avec le chef de la Maison Blanche à Mar-a-Lago, comme le rapporte l’agence italienne «AGI».

Les paroles du président américain ont été transmises à l’ensemble des forces conjointes. L’opération a été lancée depuis une vingtaine de bases terrestres et navales de l’hémisphère occidental. Au total, plus de 150 aéronefs étaient en vol : bombardiers, chasseurs, avions de renseignement, de surveillance et de reconnaissance, hélicoptères et drones. Des milliers d’heures d’expérience étaient dans le ciel, a souligné le général Caine. Le plus jeune membre de l’équipage avait 20 ans et le plus âgé avait 49 ans.

L’itinéraire et la protection de l’opération

Les hélicoptères transportant la force d’extraction, qui comprenait également des agents des forces de l’ordre, ont volé «à 30 mètres au-dessus de l’eau» en direction du Venezuela. À l’approche des côtes, les États-Unis ont «déployé d’importants moyens, notamment ceux du Commandement spatial et du Commandement cybernétique, afin de créer un couloir sûr». La force a été protégée par des moyens des Marines, de l’Armée de l’air, de la Marine et de la Garde nationale aérienne. A mesure que le dispositif avançait, «la composante aérienne conjointe a neutralisé les systèmes de défense aérienne vénézuéliens afin de garantir le passage sécurisé des hélicoptères», a expliqué le général Caine. «Notre objectif est de toujours protéger les hélicoptères et les forces au sol, de les acheminer jusqu’à leur cible et de les ramener à bon port».

L’arrestation de Maduro et l’affrontement

À 02h01, heure locale de Caracas (07h01, heure de Paris), les forces sont arrivées au complexe de Maduro. «Les équipes ont agi avec rapidité, précision et discipline, bouclant la zone pour garantir la sécurité tout en procédant à l’arrestation», a déclaré Caine. Au cours de l’opération, «les hélicoptères ont essuyé des tirs et ont riposté en état de légitime défense avec une force écrasante», a-t-il commenté. Un appareil a été endommagé mais «est resté opérationnel, et tous les appareils sont rentrés dans leurs bases».

La reddition et l’exfiltration

«Maduro et son épouse, tous deux inculpés, se sont rendus et ont été placés en détention par le Département de la Justice, avec le soutien de l’armée américaine, sans aucune perte de vie américaine», a ajouté le général Caine. Après l’arrestation, la phase d’exfiltration a commencé, avec une couverture aérienne constante et des engagements de légitime défense supplémentaires pendant le retrait. À 03h29, heure de la côte Est (09h29 en France), les forces navales reprirent la mer. Les deux personnes arrêtées furent embarquées à bord de l’USS Iwo Jima.

Après Caracas, qui est le prochain ?

Cette opération marque en tout cas une inflexion notable dans la posture américaine, combinant pression judiciaire, action militaire et démonstration de force. Elle relance les interrogations sur l’évolution de la doctrine de Washington face à ses adversaires désignés. Selon les spécialistes, «si aucun élément ne permet à ce stade d’établir un lien avec d’autres théâtres de tension, des acteurs comme l’Iran ou son mandataire le Hezbollah restent au cœur des préoccupations stratégiques américaines, dans un contexte international déjà marqué par une forte volatilité».

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Reste désormais la question des suites. Après Caracas, à qui le tour ? L’Iran, le Hezbollah ou les deux ? Une hypothèse que les autorités américaines ne confirment pas, mais qui s’impose déjà au cœur des calculs diplomatiques et sécuritaires régionaux et internationaux.

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