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Poutine s’incline en Chine devant Xi et fustige l’Occident. Trump approuve l’envoi d’avions pour la sécurité de l’Ukraine

(Rome, 31 août 2025). À Tianjin, le rapprochement sino-russe s’affiche sans ambiguïté : Poutine s’incline devant Xi, tandis que Pékin promet un nouvel ordre mondial «post-américain». L’Occident, divisé et affaibli, voit se renforcer un bloc concurrent rassemblant l’Asie centrale, le Moyen-Orient et le Sud global, une menace pour l’équilibre stratégique mondial. Derrière les sourires et les tapis rouges, Moscou cherche un souffle économique face aux sanctions, tandis que Pékin mise sur la coopération énergétique et militaire pour consolider son influence face aux États-Unis et à l’Europe

Le dictateur russe est à Tianjin pour le premier des sommets chinois : «l’Occident déforme la vérité historique sur la guerre».
«Les ministres (de l’UE) ont discuté d’un éventuel prochain train de sanctions contre la Russie. Parmi les options envisagées, rapporte le quotidien italien «La Stampa», figurent des sanctions secondaires contre ceux qui soutiennent Moscou, une interdiction des importations de produits russes, des droits de douane et des mesures contre la flotte fantôme.

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L’objectif est d’exercer une pression maximale sur la Russie, un objectif qui serait plus facilement atteignable s’il était également soutenu par des partenaires étrangers (d’outre-Atlantique)». C’est ce qu’a déclaré la Haute Représentante de l’Union européenne pour la politique étrangère, Kaja Kallas, à l’issue du Conseil informel des affaires étrangères de l’UE à Copenhague. Parmi les pays de l’UE, seule la Hongrie résiste, dénonçant un «tsunami pro-guerre». Mais elle semble très isolée.

Le président russe Vladimir Poutine est arrivé à Tianjin, ville portuaire du nord de la Chine, selon les médias d’État chinois et russes, pour un sommet sur la sécurité régionale qui, selon Pékin, permettra de contrer l’influence occidentale dans les affaires mondiales. Pour cette rare visite de quatre jours chez le voisin et principal partenaire commercial de la Russie, Poutine a été accueilli avec un tapis rouge par de hauts responsables locaux, comme l’a montré la chaîne russe TASS en direct. Les relations entre la Chine et la Russie sont à leur «meilleur niveau historique», étant devenues les «plus stables, les plus matures et les plus importantes stratégiquement parmi les grandes puissances», a pour sa part affirmé la chaîne publique chinoise CCTV dans son reportage.

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Le président Xi Jinping accueillera une vingtaine de dirigeants mondiaux à Tianjin, dont le Premier ministre indien Narendra Modi, lors du sommet de deux jours de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), le plus grand rassemblement depuis la création du groupe en 2001 par six nations eurasiennes. Ces dernières années, ce bloc axé sur la sécurité s’est élargi à 10 membres permanents et 16 pays observateurs ou partenaires de dialogue. Son mandat s’est étendu de la sécurité et de la lutte contre le terrorisme à la coopération économique et militaire. Xi Jinping devrait profiter de ce sommet pour illustrer ce à quoi pourrait ressembler un ordre international post-américain, tout en offrant un soutien diplomatique majeur à la Russie, frappée par des sanctions en raison de son invasion de l’Ukraine.

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La veille de sa visite, Poutine a vivement critiqué les sanctions occidentales dans une interview écrite accordée à l’agence de presse officielle chinoise Xinhua, affirmant que Moscou et Pékin s’opposaient conjointement aux sanctions «discriminatoires» dans le commerce mondial. L’économie russe est au bord de la récession, plombée par les restrictions commerciales et le coût de la guerre. Des dirigeants d’Asie centrale, du Moyen-Orient, d’Asie du Sud et d’Asie du Sud-Est participeront à ce sommet, que la Chine entend présenter comme une puissante démonstration d’unité au sein du «Sud global», en référence aux pays en développement et à faible revenu, principalement situés dans l’hémisphère Sud.

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