(Rome, Paris, 03 avril 2025). Selon l’ex chancelier allemand Olaf Scholz, les tarifs douaniers imposés par Trump constituent «une attaque contre l’ordre commercial mondial»
Le président français Emmanuel Macron a demandé aux entreprises françaises de suspendre tous leurs projets d’investissement aux États-Unis jusqu’à ce que les annonces tarifaires soient «clarifiées». Il est important que «les investissements à venir ou annoncés ces dernières semaines soient suspendus jusqu’à ce que les choses soient clarifiées avec les Etats-Unis», a déclaré le Président Macron lors d’une réunion à l’Elysée avec plusieurs ministres et représentants des principaux secteurs industriels touchés par ces mesures. Macron, cité par l’agence italienne «Nova News», s’est interrogé sur le message envoyé «en voyant de grands acteurs européens investir des milliards d’euros dans l’économie américaine à un moment où ils nous frappent».
Macron a commenté les tarifs douaniers en les qualifiant de décision «brutale et infondée». Il s’agit d’un «choc pour le commerce international», a-t-il déclaré lors de cette réunion à l’Elysée. «On ne corrige pas les déficits commerciaux en imposant des droits de douane», a ajouté le président français. Il a ensuite évoqué des «mesures d’une extrême gravité pour l’économie européenne». «Une chose est certaine : avec les décisions prises cette nuit, l’économie américaine et les États-Unis, qu’il s’agisse des entreprises ou des citoyens, sortiront de cette crise plus faibles qu’hier», a ajouté le président français. Macron a ensuite appelé les Européens à «rester unis».
A l’image de l’armateur CMA CGM, dont le président Rodolphe Saadé a déclaré publiquement son opposition aux droits de douane, plusieurs groupes européens ont annoncé récemment des investissements massifs aux Etats-Unis.
Les investissements directs réciproques forment un élément majeur de la relation économique entre la France et les Etats-Unis. En 2023, la France était le 5e investisseur aux Etats-Unis avec 370 milliards de dollars engagés dans le pays, selon le BEA (Bureau of Economic Analysis). De leur côté, les Américains sont les premiers investisseurs étrangers en France, avec un stock d’investissements directs supérieur à 142 milliards, selon la Banque de France, rapporte «Les Echos».
«La priorité reste une négociation ferme», a pour sa part estimé le président du Medef, Patrick Martin, avant la réunion tout en appelant «la France et l’Europe à mettre en place des mesures de soutien aux secteurs impactés». Avec la hausse massive des droits de douanes, «on parle de 1,5% du PIB de centaines de milliers d’emplois menacés, de la désarticulation de chaînes entières dans l’industrie aéronautique ou automobile», a-t-il exposé sur la chaine LCI.
Selon l’ex chancelier allemand Olaf Scholz, les tarifs douaniers de Trump constituent «une attaque contre l’ordre commercial mondial». «Ces tarifs douaniers sont fondamentalement mauvais. Il n’y aura que des perdants et un système commercial qui a créé la prospérité dans le monde entier sera détruit», a-t-il ajouté.
Au Royaume-Uni, le Premier ministre Keir Starmer a déclaré que son pays répondrait avec «sang-froid et rationalité» aux tarifs douaniers. Hier soir, le président des États-Unis a agi pour son pays. Aujourd’hui, j’agirai pour le nôtre. Il est évident que les décisions prises par les États-Unis auront un impact économique, tant qu’ici qu’à l’échelle mondiale, mais je tiens à être absolument clair : nous sommes préparés, et l’une des grandes forces de notre nation est notre capacité à garder notre calme.
Starmer a ensuite exclu l’imposition immédiate de droit de douane en représailles contre les États-Unis. S’exprimant lors du lancement de la campagne électorale locale, il a déclaré que la «bonne approche» consistait à poursuivre les négociations en vue d’un accord commercial qui pourrait atténuer les effets des nouvelles mesures. «Personne ne souhaite une guerre commerciale», a déclaré le Premier ministre, ajoutant que «le choix est entre réagir immédiatement avec force ou maintenir le calme pour tenter d’atténuer les droits de douane. Je pense que la deuxième option est la bonne». «Nous entretenons une relation longue et profonde avec les États-Unis, plus étroite que toute autre paire de pays au monde, et qui doit également être préservée sur le plan économique».