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La tension monte entre les États-Unis et l’Iran. Non seulement des bombardiers furtifs, mais aussi des missiles et des porte-avions

(Rome, Paris, 02 avril 2025). Washington continue de déployer des armes au Moyen-Orient. Les Américains préparent un bouclier en cas de raid. Et Israël se dit convaincu : une attaque à grande échelle est imminente

Les tensions entre les États-Unis et l’Iran restent très élevées et l’enjeu demeure le même : le programme nucléaire de la République islamique. À ce stade, la Maison Blanche adopte une double approche, l’une militaire et l’autre diplomatique. Dans les deux cas, le plan de Trump est d’exercer une forte pression sur Téhéran pour tenter de clore rapidement le dossier, mais la tâche s’annonce difficile, nous explique Alberto Bellotto dans les colonnes du quotidien «Il Giornale».

De nouvelles armes entre le Moyen-Orient et l’océan Indien

Ces derniers jours, une activité intense a été observée sur l’île de Diego Garcia, une île du Pacifique sous contrôle du Royaume-Uni, où les Américains disposent de deux bases, une aérienne et une navale. Des avions cargo et des bombardiers B-2 Spirit y ont été aperçus. Comme le confirment plusieurs photos satellites, un tiers de la flotte est présent sur l’île. Les B-2, déjà utilisés ces dernières semaines lors de raids contre les Houthis au Yémen, peuvent transporter des armes perforantes capables de frapper les bases souterraines iraniennes. En plus de ces «forteresses du ciel», d’autres armements ont été déployés.

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Selon NBC News, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a autorisé le déplacement de deux batteries de défense antimissile Patriot d’Asie vers le Moyen-Orient. Mais non seulement ; Des sources bien au fait ont expliqué qu’un système de défense antiaérienne à haute altitude (THAAD) est également en cours de déploiement. Selon le Wall Street Journal, en plus du renforcement du bouclier anti-missile, le Pentagone a décidé de muscler son arsenal offensif. En particulier, des drones MQ-1 Predator, capables de mener des missions de reconnaissance et d’attaque, ainsi que de nouveaux avions chasseurs F-35, seraient en train d’affluer dans la région.

Selon le journal israélien Haaretz, rien qu’en mars, au moins 140 avions de transport lourd américains ont atterri au Qatar, à Bahreïn, aux Émirats arabes unis, en Arabie saoudite, au Koweït et en Jordanie, transportant pour la plupart du matériel militaire.

A lire : Les États-Unis bombardent le Yémen avec un œil sur l’Iran : Donald Trump attaque les Houthis

Dans une déclaration publiée le 1er avril, le porte-parole du Pentagone, Sean Parnell, a également fourni des précisions sur un autre élément du dispositif américain autour de l’Iran. «Conformément à la directive présidentielle, le Secrétaire à la Défense a ordonné au porte-avions Harry S. Truman et à son groupe d’attaque de rester dans la zone sous la responsabilité du CENTCOM». Parnell a confirmé qu’un deuxième porte-avions, le Carl Viston, arrivera bientôt dans la zone, tandis que le Nimitz sera bientôt déployé dans le Pacifique afin de préserver «l’avantage militaire dans l’Indo-Pacifique».

La voie diplomatique : vers de nouveaux pourparlers

La seconde approche dans laquelle évolue l’administration américaine est plus diplomatique. Selon le portail «Axios», la Maison Blanche envisage sérieusement une proposition iranienne de négociations sur le nucléaire. Trump, rappelle le média américain, privilégierait un accord, mais il s’est aussi dit prêt à bombarder. Mi-mars, le magnat a envoyé une lettre à l’ayatollah Ali Khamenei expliquant que Téhéran aurait deux mois pour parvenir à un accord. La date limite exacte n’a cependant pas été précisée. Il y a quelques jours, le guide suprême de la République islamique a réagi en avertissant les Américains que toute attaque entraînerait de graves conséquences pour leurs bases dans la zone.

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Washington souhaite une médiation directe, tandis que les Iraniens préféreraient une négociation triangulaire avec Oman. Une source citée par «Axios» aurait déclaré que, suite à l’échange de lettres, les Américains étudiaient de nouvelles mesures pour entamer un dialogue avec les Iraniens.

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