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Le quatrième des «Beatles de l’EI» arrêté: qui étaient ces djihadistes notoires

(Rome, Paris, 11 août 2022). Aine Leslie Davis, 38 ans, originaire d’Hammersmith, qui serait le quatrième membre de la cellule terroriste dite «Beatles» de l’Etat islamique, a été arrêtée la nuit dernière à son arrivée à l’aéroport de Luton. Davis s’est envolé pour le Royaume-Uni depuis la Turquie, où il a passé sept ans et demi en prison après avoir été reconnu coupable de terrorisme. À son arrivée au Royaume-Uni, il a été arrêté par le « London Metropolitan Police Counter-Terrorism Command » pour des infractions aux articles 15, 17 et 57 de la loi sur le terrorisme « Terrorism Act » de l’an 2000, nous apprend Francesca Salvatore du quotidien italien «Il Giornale/Inside Over».

Avant de se radicaliser, Davis a été condamné pour des infractions liées à la drogue et a été emprisonné en 2006 pour possession d’une arme à feu. Après s’être converti à l’Islam, en changeant son nom en Hamza, il rencontre Mohammed Emwazi, le tristement célèbre « Jihadi John ». Les deux hommes faisaient partie d’un groupe qui a radicalisé les musulmans vivant à Londres. Davis a quitté le Royaume-Uni pour rejoindre l’Etat islamique en 2013 : sa carrière de terroriste a duré quelques années avant d’être arrêté près d’Istanbul en 2015, où il a été condamné deux ans plus tard. Lors du procès, Davis a admis connaître Emwazi pour avoir fréquenté la même mosquée, mais il a toujours nié être son ami ou un membre du groupe.

Une longue traînée de sang

Le groupe des soi-disant « Beatles », ainsi rebaptisé en raison de leur accent britannique, était apparemment composé de quatre membres – tous censés avoir grandi dans l’ouest de Londres – qui se sont portés volontaires pour se battre en Syrie, finissant par garder les otages occidentaux. Les autorités américaines ont affirmé que le groupe avait tué 27 otages, décapitant nombre d’entre eux. Des vidéos des meurtres ont fait le tour du monde, provoquant l’indignation. Les actions du groupe auraient entraîné la mort de quatre otages américains, les journalistes James Foley et Steven Sotloff ainsi que les travailleurs humanitaires Kayla Mueller et Peter Kassig.

À leur apogée, les «Beatles» avaient acquis une solide réputation de cruauté synonyme de prestige dans les rangs de l’EI. «Ils se considéraient comme les forces spéciales du califat», avait expliqué à l’AFP fin 2020 l’ex-otage français Nicolas Hénin, (rapporte le quotidien français «Le Figaro») décrivant «une très grande arrogance, un niveau de conviction et de mépris pour les faits et un détachement par rapport à la violence qui étaient assez stupéfiants». Selon l’ancien journaliste français, devenu consultant dans l’antiterrorisme, le crédit de leur surnom, qui relève du «réflexe de survie d’otage», revient à John Cantlie, correspondant de guerre et «grand amateur de rock’n’roll», ajoute le quotidien français.

La mort de Foley a été diffusée sur YouTube le 19 août 2014, après avoir été capturée en Syrie le 22 novembre 2012; il a été contraint de lire une déclaration dans laquelle il critiquait les États-Unis pour le récent bombardement des positions de l’État islamique, et a ensuite été décapité devant les caméras par Jihadi John qui, à son tour, a lu une déclaration dans laquelle il appelait le président Barack Obama de cesser les raids aériens contre l’Etat islamique, menaçant de décapiter l’autre otage, Steven Sotloff, si ses exigences n’étaient pas satisfaites. Le 2 septembre, c’est au tour de Sotloff. Les travailleurs humanitaires britanniques David Haines et Alan Henning, et les journalistes japonais Haruna Yukawa et Kenji Goto ont également été inclus dans la longue liste des morts du groupe.

Qui sont les 4 djihadistes

Mais qui sont les trois autres ? Alexanda Kotey, 38 ans, a plaidé coupable en septembre dernier de huit chefs d’accusation liés à l’enlèvement, à la torture et à la décapitation d’otages de l’EI en Syrie. Kotey, originaire de Londres, n’a montré aucune émotion lorsque le juge Thomas Selby Ellis a prononcé son verdict. Le juge Ellis a qualifié ses actions comme « flagrantes, violentes et inhumaines ». Dans la lettre manuscrite de 25 pages, Kotey a déclaré qu’il assumait « l’entière responsabilité » de ses actes et restait déterminé à rencontrer les familles de ses victimes, ajoutant qu’il était « optimiste » quant au dialogue qu’il pourrait avoir avec elles. Il se trouve actuellement en prison et purge une peine à perpétuité. En avril dernier, cependant, un jury fédéral de Virginie a condamné un deuxième membre du groupe, El Shafee Elsheikh, 33 ans, pour avoir été lié à l’enlèvement, à la torture et à la décapitation de plusieurs otages en Syrie, dont des journalistes et des travailleurs humanitaires, devenant ainsi le combattant le plus médiatisé à être jugé aux États-Unis.

Le troisième membre du groupe, Mohammed Emwazi, est plus connu des médias sous le nom de « Jihadi John », l’homme masqué à l’accent britannique ayant décapité plusieurs otages détenus par l’Etat islamique et qui nargue le public dans des vidéos largement diffusées en ligne. Britannique issu d’une famille aisée, élevé dans le West End et diplômé en programmation informatique, il aurait atteint la Syrie vers 2012 et se serait enrôlé plus tard dans les rangs de l’État islamique, groupe dont il est devenu le symbole de la barbarie. Emwazi, né au Koweït, semble avoir laissé peu de traces sur les réseaux sociaux ou ailleurs en ligne. Ceux qui l’ont connu disent qu’il était poli et avait un penchant pour les vêtements élégants tout en adhérant aux principes de sa foi islamique. Selon de nombreux témoins, il a commencé à se radicaliser après un voyage en Tanzanie après avoir obtenu son diplôme de l’Université de Westminster. Le 13 novembre 2015, les États-Unis ont annoncé l’avoir tué lors d’une attaque de drone Predator à al-Raqqa, le principal bastion de l’État islamique. L’annonce du Pentagone sur sa mort, a été suivie le lendemain, d’une confirmation par une ONG syrienne. L’identification du corps avec celui du djihadiste John a été exprimée par le gouvernement britannique, tandis que l’Etat islamique a nié qu’il s’agissait de lui.

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