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Turquie: vendredi noir à Istanbul, la bourse perd plus de 8%

(Rome, Paris, 17 décembre 2021). Pendant ce temps, la monnaie turque a encore chuté de 7 % aujourd’hui

Ce Black Friday, la principale bourse de Turquie a été contrainte d’interrompre ses activités après que la crise monétaire du pays, qui affectait déjà les obligations, ait semblé s’étendre au marché boursier. Selon l’agence italienne «Nova News», la Bourse d’Istanbul a en effet annoncé un « arrêt temporaire » des échanges après que l’indice principal (Bist 100) a perdu plus de 5%. Après la reprise des échanges, l’indice a perdu trois autres points, clôturant à -8,52%. Entre-temps, la monnaie turque a encore chuté de 7 % aujourd’hui, atteignant un nouveau plancher historique de plus de 17 livres pour un dollar américain. Hier, la banque centrale avait de nouveau réduit les taux d’intérêt de 100 points de base, les ramenant à 14 pour cent, malgré un taux d’inflation annuel supérieur à 20 pour cent. La valeur de la livre a baissé de moitié cette année à la suite des réductions des taux d’intérêt. En effet, le président Recep Tayyip Erdogan rejette la politique économique selon laquelle des taux d’intérêt élevés ralentissent l’inflation, et exerce un contrôle de plus en plus strict sur la banque centrale.

Dans le même temps, le rendement des obligations turques à 10 ans a augmenté de 0,3 point de pourcentage pour atteindre 21,5% aujourd’hui. La dévaluation de la livre n’avait pas encore eu d’impact négatif sur le marché boursier turc. Les investisseurs, en fait, avaient parié sur le fait qu’une livre plus faible serait plus favorable pour les exportations. Les analystes estiment désormais que la chute rapide de la livre peut soulever des inquiétudes quant à la santé financière des entreprises qui ont emprunté en devises étrangères, ou quant à la possibilité que les Turcs commencent à retirer en masse leur argent du système bancaire pour l’échanger contre des dollars. La Banque centrale, pour sa part, continue d’intervenir sur les marchés pour tenter de soutenir la livre en vendant des devises étrangères, une politique qui semble pourtant rendre les entreprises turques nerveuses. Hier, Erdogan a annoncé une augmentation de 50 pour cent du salaire minimum dans le but de protéger les travailleurs contre la hausse rapide des prix, une décision qui, selon les économistes, pourrait alimenter davantage l’inflation.

Selon l’agence «Reuters» citée par «Investing», certains économistes s’attendent à ce que l’inflation grimpe à près de 30% en 2022, en raison de la flambée des prix des importations et d’une hausse du salaire minimum. « Avec Erdogan qui semble s’enraciner dans sa position anti-taux d’intérêt, plus la crise monétaire dure, plus la Turquie pourrait être au-delà du point de non-retour », prévient Patrick Curran de Tellimer, un cabinet d’experts en investissement, qui juge la livre turque totalement déconnectée des fondamentaux. « Tant qu’Erdogan est aux commandes, rien n’empêchera la livre de continuer à se déprécier », ajoute-t-il, excluant de nouveaux investissements dans des actifs turcs. Avant d’évincer plusieurs membres de la banque centrale turque, Recep Tayyip Erdogan a critiqué à plusieurs reprises la politique de l’institut d’émission et appelé à une relance monétaire pour doper les exportations, le crédit et la croissance économique alors que se profile en 2023 une élection présidentielle. Les experts, ajoute Nova, estiment que les interventions directes du gouvernement turc, via la Banque centrale et la baisse du taux d’intérêt, sont parmi les causes de la crise économique qui affecte le pays. Professeur de relations internationales au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, spécialiste en analyse économique, Michael Tanchum, a récemment comparé la trajectoire de l’économie turque à celle de l’Argentine. En fait, selon l’expert, il y aurait des dynamiques et des particularités similaires dans les deux contextes. Plus précisément, les deux pays se caractérisent non seulement par l’effondrement des monnaies nationales dans le taux de change avec le dollar américain, mais aussi par la croissance de l’inflation. À l’heure actuelle, l’inflation en Turquie est proche de 21 pour cent par an. Au niveau mensuel, cependant, l’économie du pays méditerranéen a enregistré une augmentation de 50 % de l’inflation par rapport à la période précédente pendant trois mois consécutifs (septembre, octobre et novembre), ouvrant la voie à une éventuelle hyperinflation, tout comme cela s’est produit dans le cas de l’Argentine. Dans les deux contextes, en outre, l’approche étatique face à la crise se concentre sur l’intervention directe sur le marché plutôt que sur des réformes susceptibles de stimuler la croissance.

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