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Liban: avec le décès de Massoud Achkar, le régime perd un allié conjoncturel. Halte à l’exploitation

(Montréal, 12 janvier 2021) Le fondateur et ancien commandant des « brigades de défense de Beyrouth », Massoud Achkar (Poussy), est décédé le 11 janvier du Covid-19 après plusieurs semaines d’agonie à l’hôpital Rizk d’Achrafieh. Son décès a naturellement ému tout le Liban, l’homme étant connu pour avoir contribué à la libération de ce quartier en 1978 de l’occupation syrienne (guerre des 100 jours), pour avoir été un compagnon de l’ex-président Béchir Gemayel (assassiné le 14 septembre 1982, trois semaines après son élection), et pour avoir contribué à toutes les batailles décisives face aux ennemis du Liban souverain, de 1975 à 1986. Mais l’émotion face à la mort ne doit pas occulter les faces cachées de Poussy qui, après 1987, il s’est retourné contre son camp en s’opposant à la réorganisation et à la professionnalisation des Forces libanaises après l’arrivée de Samir Geagea à leur tête.

Poussy, comme d’autres chefs d’unités originaires de Beyrouth ou du Metn, avait refusé que la résistance chrétienne libanaise, qui avait défendu le Liban face aux Palestiniens de l’OLP et à la Syrie de Hafez Al-Assad, soit commandée par une personne issue du Nord. En fait, il s’était allié avec Amine Gemayel, Fouad Abou Nader et Elie Hobeïka pour renverser Geagea. En 1989, il a confirmé son positionnement en soutenant Michel Aoun, alors premier ministre par intérim et usurpateur de la présidence de la République dans sa guerre d’élimination des Forces Libanaises. Après l’éviction de Michel Aoun, Poussy s’est exilé aux Etats-Unis pendant neuf mois, avant de retourner au Liban en toute quiétude, alors que les résistants étaient pourchassés, arrêtés et persécutés par le régime sécuritaire libano-syrien. D’aucuns affirment qu’il a négocié son retour en contrepartie d’une ascension politique et d’une collaboration avec le système. A Achrafieh, Poussy est ainsi accusé d’avoir dénoncé certains militants de l’ombre, provoquant leur arrestation, avant de plaider leur cause et d’obtenir leur libération. Ainsi, il renforçait son audience et sa popularité.

Poussy (gauche), avec les dirigeants du CPL en 2009. Il avait soutenu la candidature de Michel Aoun aux législatives au Kesrouan

Dans la même optique, Massoud Achkar a multiplié les réunions, très médiatisées, ces dernières années, pour honorer ses anciens compagnons de lutte et distiller les messages hostiles à l’Alliance du « 14 mars », dont les Forces Libanaises sont le principal pilier, et prôner le retour à la militarisation de la lutte. Il caressait ainsi les plus nostalgiques de la guerre, période qu’ils considéraient glorieuse pour leur avoir permis de régner en maître sur leur territoire. Une vision erronée qui achève l’Etat prôné par les souverainiste, et fait indirectement le jeu de ceux qui plaident pour l’alliance des minorités.

Sami Gemayel peut s’allier à quiconque s’oppose aux Forces Libanaises

Parallèlement, Poussy s’est activé sur le plan social – bien qu’indispensable et honorable en ces temps de crise – pour gagner en notoriété, exactement comme le fait Fouad Abou Nader à travers l’association « Nawraj ». C’est sans doute la raison de la rivalité croissante entre les deux anciens compagnons de lutte (Poussy et Fouad), devenus adversaires et rivaux qui se disputaient les mêmes sympathisants, pour le plus grand bénéficie d’un autre opportuniste, Sami Gemayel, chef du parti Kataëb dont l’obsession est de concurrencer les Forces Libanaises en surfant sur les rivalités héritées des années 1980.

Pour leur part, le CPL et Gebran Bassil n’hésitent pas à poursuivre l’exploitation de Poussy après sa mort. Pendant son agonie, ils ont multiplié les appels à la population pour prier et demander l’intercession divine pour sa guérison. Quelques heures à peine après son décès, ils ont demandé à la municipalité de Beyrouth de baptiser une rue en son nom pour honorer sa mémoire. Mais en réalité, cette initiative vise à faire de Poussy un héros, bien qu’il soit décédé naturellement à 65 ans, et faire oublier les milliers de jeunes morts sur le champ de bataille. A Beyrouth, l’incompréhension face à cette exploitation reste totale. Les gens s’interrogent « pourquoi cet intérêt est-il porté uniquement sur une victime du Covid, alors que des milliers de Libanais en sont atteints, et des centaines en sont morts ? Pourquoi se servir de son histoire de façon sélective en insistant sur son passé glorieux et en oubliant son passé de collaborateur ? Les plus éclairés justifient cette exploitation sélective par le fait que « le CPL n’a jamais combattu, n’a pas de martyrs dans ses rangs, et vit d’opportunisme qui frôle la trahison ».

Sanaa T.

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