Une plume à louer, Richard Labévière n’est pas à son coup d’essai

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Rome, le 25 février 2020 (13h30 GMT) Il nous a habitués aux coups d’éclat pour faire le buzz et faire parler de lui, même si c’est des pires façons. Il s’agit de Richard Labévière, un ancien journaliste français qui a trahi son pays pour naviguer entre l’Iran (des mollahs), le Tueur en Syrie (Bachar al-Assad), le Hezbollah et le Parti National Social Syrien (PNSS).

Sur commande de ses maîtres, il avait violé l’embargo sur la Syrie en 2008 et a interviewé Assad pour le compte de RFI, avant d’en être licencié. Il s’est alors réfugié au Liban, dans la banlieue sud de Beyrouth, fief du Hezbollah, et utilisé la télévision Al-Manar pour déverser son venin sur la France et combattre ce qu’il appelait « la pensée unique » qui régnait alors à Paris. En 2009, il a publié un conglomérat de contradictions et d’approximations dans « La Tuerie d’Ehden, ou malédiction des Arabes chrétiens », où il a vulgarisé son concept des « Chrétiens Arabes » qu’il opposait aux « Chrétiens d’Orient ». Pour lui, les Arabes Chrétiens sont les autochtones, les authentiques, qui vivent en harmonie avec le reste de la société et qui sont protégés par les régimes, dont celui de Syrie. Autrement dit, ce sont les soumis qui vivent dans la dhimmitude. Ils sont représentés par Michel Aoun. A l’inverse, les « Chrétiens d’Orient » étaient pour lui la projection de l’Occident, et sont de ce fait des traîtres. Ils sont représentés par Samir Geagea. Ainsi, depuis plus de 11 ans, Labévière ne rate pas une occasion pour revenir à la charge. Ce 23 février 2020, il a encore déversé ses mensonges concernant la santé de Samir Geagea et sa succession ! Sans s’attarder sur le sujet – nous ne sommes pas médecins – il convient de savoir qui est Labévière et quelles sont ses motivations pour en tirer les conclusions qui s’imposent.

Déjà, dans « La tuerie d’Ehden, ou la malédiction des Arabes chrétiens » (Fayard – 13 mai 2009), Labévière avait visé plusieurs objectifs stratégique et tactique, dont la promotion de Michel Aoun et l’axe syrien, face à Samir Geagea le souverainiste, en prévision des législatives de juin 2009. Sa manœuvre était simple : ses publications – ainsi que celles de Thierry Meyssan avec qui il collabore actuellement – sont reprises par les médias du Hezbollah pour gagner en crédibilité (« Tayyar.org », « Al-Akhbar.com », « Al-Manar TV », « Voltaire.net », « Al Mayadeen » et « Info-palestine.net »… entre autres).

Ce qui était valable en 2009 avec « la tuerie d’Ehden » l’était aussi en 2011 avec la parution de « Quand la Syrie s’éveillera », un ouvrage qui encensait Assad, quelques jours avant le soulèvement de Deraa et le début du massacre qui a déjà fait près d’un million de morts, exécutés par celui qui prétend être le « protecteur des minorités ». Aujourd’hui, Labévière et ses commanditaires récidivent, conscients que Samir Geagea gagne en crédibilité. Sa ligne politique, son patriotisme, sa probité et l’action de ses ministres et députés séduisent de plus en plus de Libanais, notamment dans les communautés sunnites, chiites et druzes, et au sein du parti de Michel Aoun dont l’échec se traduit par une paupérisation généralisée galopante. Ce qui fait de Samir Geagea le sauveur de la République et lui donne la stature d’un homme d’Etat face à des nains politiques. La ligne de Samir Geagea et des Forces Libanaises dérange et met à nu leurs adversaires qui n’ont rien trouvé de mieux que de s’attaquer à sa santé et à sa succession. Ils cherchent à les déstabiliser et éliminer le dernier obstacle à l’effondrement du Liban moderne et à son annexion par l’axe syro-iranien.

Aussi, il fallait discréditer Samir Geagea, la seule personnalité issue de la guerre qui a fait son mea culpa, qui a passé plus de 11 années en prison et qui fait aujourd’hui consensus. Ce qui justifie les allusions de Labévière sur les relations présumées de Samir Geagea avec Israël. Mais comme ses relais libanais, il oublie l’épisode de la guerre de la Montagne, quand les Israéliens avaient soutenu les adversaires de Samir pour le détruire après avoir refusé de collaborer avec eux. Ils oublient que ceux qui se revendiquent de la résistance face à Israël ont fait plus de victimes arabes (Syrie, Irak, Yémen, Liban…) que toutes les guerres israélo-arabes depuis 1948. Ils oublient aussi que 75% des supplétifs d’Israël dans le sud du Liban appartenaient à la communauté chiite. Ils oublient enfin qu’Israël a aidé l’Iran en armements à hauteur de 2 milliards de dollars face à l’Irak de l’aveu de l’ancien ministre britannique des Affaires étrangères Jack Straw. Il faut donc que Labévière et ses commanditaires sachent qu’il peuvent berner tout le monde un certain temps, et certains tout le temps, mais ils ne peuvent pas se moquer de tout le monde tout le temps, comme ils ne peuvent pas cacher le soleil avec un tamis. 

Il ne faut pas oublier que Labévière avait tenté d’innocenter la Syrie et le Hezbollah de l’assassinat de Rafic Hariri dans son livre « Le Grand Retournement, Bagdad-Beyrouth » (2006) dans lequel il avait attribué le crime aux Occidentaux et/ou à Israël, ou aux islamistes radicaux…

Labévière, une plume à louer, frôle le ridicule. En 2019, il s’est invité avec une amie libanaise proche du Courant patriotique libre à une cérémonie franco-libanaise sans y être invité, pour vendre et dédicacer ses livres. En janvier 2020, il a participé, avec d’autres pro-syriens bien connus, à une conférence organisée par une association émanant du Parti National Syrien Social à Paris, autour de la crise libanaise : est-ce une crise de régime ou d’identité? Cette conférence a été prolongée dans les Hauts-de-Seine à l’invitation d’un élu local, membre notoire du PNSS. L’objectif était encore une fois de mettre en doute l’appartenance libanaise au profit de la Grande Syrie.

Pour détruire un pays, il suffit de le confier à des traîtres et d’éliminer les patriotes. Après l’élection de Michel Aoun, l’objectif est désormais de réduire Samir Geagea. Mais ce n’est pas une mince affaire.

Magdi W.  

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